Du haut de ma tour, j’observe les alentours

 

On dit que c’est un quartier sensible,

Que d’une agression tout le monde peut être la cible,

On m’a souvent demandé comment ça s’y passait,

Si un jour on m’a déjà agressé ou si je voulais le quitter.

 

Ce sont des questions récurrentes et assez irritantes,

C’est un quartier comme un autre, un quartier comme le vôtre.

 

Du haut de ma tour, j’observe les alentours,

 

J’y vois des mères motivées,

Qui, pour leurs enfants, se sont mobilisées,

Ici, à l’école c’est compliqué.

Alors elles essaient de tout régler.

 

J’y vois une jeunesse qui se réveille

Qui se démène pour déployer ses ailes.

Qui bouge pour tirer les autres vers le haut.

Et fait des pieds et des mains pour avoir un boulot.

 

Du haut de ma tour j’observe les alentours,

 

J’y vois ces hommes et ces femmes qui se battent pour un logement décent,

Qui se réunissent, s’organisent pour lutter contre l’abus de pouvoir des dirigeants.

Je vois ces habitants concernés par leur sort,

A qui, quand ils s’opposent, on dit qu’ils ont tort.

 

Du haut de ma tour, j’observe les alentours,

 

Je vois les médias nous montrer du doigt,

Ils crient qu’on est des sauvages sur tous les toits.

A leurs balivernes les gens croient,

Mais quand ils nous rencontrent ils restent cois.

 

Et puis il y a ces politiques qui nous voient comme des vauriens,

Qui nous parlent comme si on était des gamins,

Ils se pensent supérieurs, et nous regardent d’un air rieur,

Ils n’hésitent pas à lâcher des phrases qui nous poignardent le cœur.

 

Du haut de ma tour, j’observe les alentours,

 

Je vois un champ de bataille,

D’un côté les habitants et de l’autre la vraie racaille.

Des tensions dans l’air, une étincelle et une dynamite,

Si l’étincelle dépasse les limites…

 

Les conséquences risques d’être explosives.

Les jeunes sont les plus touchés par le chômage,

« Tu as les diplômes mais pas de taf ? Ah c’est dommage ! »

Pourquoi, pourquoi sont-ils les plus atteints ?

Ont-ils fait de grandes études en vain ?

On dira : « Ce sont des paresseux, ils procrastinent ! On leur propose un travail et ils refusent ! 

Oui, mais où ? Beh… à l’usine ! »

Est-ce là la seule solution ? Ne pas avoir de travail à la hauteur de sa formation ?

On dira : « Il y a des jeunes qui travaillent et qui sont bien placés ! »

Oui ! Bien placés c’est l’expression, parce que n’oublions pas qu’il y a de la discrimination.

Comparons :

-Un jeune diplômé  issu de quartier avec de l’expérience acquise via des stages et au faciès un peu cramé.

Et un jeune diplômé issu d’un milieu aisé à la même expérience que le 1er mais à la peau si claire qu’on voit son sang circulé.

Le 1er passe son temps à trimer pour pouvoir travailler

Le second est embauché après un seul coup de fil passé.

Et puis il y a le contraire, ça serait facile d’avoir qu’un seul adversaire.

Evidemment il y a les non-diplômés, qui refusent de travailler, qui ne veulent pas être accompagnés et qui préfèrent être des assistés.

 

Alors que faire pour les motivés ? D’où vient cette démission ? Eux qui avaient  tant de rêve pourquoi baignent-ils dans la désillusion ?

Ayemuos

La mixité sociale

« La mixité sociale » une expression vide de sens

Qui dans la bouche des élus trouve résonance,

Un magnifique leurre qui est loin de fédérer les cœurs,

Mélanger le peuple, mettre fin au communautarisme,

Qu’a instauré leur capitalisme.

Faire côtoyé noirs, blancs, beurre, jaunes,

Sur les bancs de l’école.

Casser une case pour en créer une autre.

Pour leur propre intérêt et non pas le notre.

Voici la recette :

- Harceler les habitants tous les jours,

- Obtenir les déménagements et détruire les tours,

- Le problème est déplacé, mais on dit qu’une partie est réglée.

- Scander que la population est trop homogène

- Que dans les écoles les enfants ont tous les mêmes gênes.

- Pour y remédier, pour soi-disant les aider, on les mets dans des écoles hétérogènes

A mil lieux de chez eux.

- Sans état d’âme ni consultation, à la place de toute une population  on prend des décisions.

- Et si jamais il y a protestation, nous irons au front

- En répétant que c’est la meilleure solution,

- Que le cas est désespéré, qu’on a essayé en vain de le soigner.

-  Nous dirons alors qu’une décision radicale s’est imposée.

Quelle délicieuse recette pour Mr et Mme Malhonnet qui s’en vont mallette pleine de pépettes, laissant des parents meurtris et s’étouffant dans leurs cris

Ayemuos

Association Les Bobines Sauvages, 6 Allée André Maginot, 31100 Toulouse